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Olivier
Lavigne

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Biographie 

Olivier Lavigne est né un jour d’été en bordure de Camargue (Arles), dans une clinique privé (il aurait pré-féré publique, mais ça, il n’y peut rien, il était un nouveau né...). Cette année là, le rock and roll ré-ouvrait ses ailes (le punk), Elvis tirait sa révérence, ainsi que Chaplin et Prévert. Cette année là, la guerre était aux étoiles et un centre d’art se baptisait Pom Pom Pi Dou... C’était l’année, soixante dix sept ! 

 

Il grandit dans une famille plutôt populo-prolo, et après une période d’errance intellectuelle, de chômage et de travail à l’usine, il entreprit des études d’arts de l’autre coté de la Camargue (Nîmes). Son Mémoire sur l’Humour, une alternative au spectaculaire en poche, il décida de devenir prof contractuel, intérimaire, jardinier, poète, graphiste, artiste, illustrateur et Dadasophe (Mais qu’est ce que c’est la Dadasophie ? Décomposons le mot : Dada = mouvement artistique du début du vingtième siècle qui s’amuse des convenances et s’adonne à un art engagé. Sophie = du grec sagesse. En tant que Dadasophe, Olivier Lavigne définirait la Dadasophie comme l’art de monter à califourchon sur la sagesse et de partir au galop dans les contrées lointaines de la liberté artistique). Erwan Le Bihan (un ami écrivain et traduc-teur) dira « Profitons de l’aspiration, la Dadasophie soulève tout, et comptons sur Olivier Lavigne pour que ça ne retombe pas de sitôt. »

Par la suite, après avoir fait le tour d’Arles avec ses expos, il s’en est allé dans la montagne qu’est belle avec sa belle, sa rebelle. Sans Galerie Fixe, il expose par-ci par-là (de son garage en Ardèche à Paname).

Fraîchement devenu artiste-auteur par la sortie du livre L’Ours, Petit traité humoristique à l’usage des Humains aux éditions Actes Sud, il côtoie les Salons de Livres et les librairies pour diffuser sa vulgarisa- tion scientifique et ses détournements humoristiques sur cet animal proche de l’humain qu’est l’ours. à ce propos, un article du journal La marseillaise mettra en avant la sortie de ce livre et dira « Les illustra-tions façon gravure, en noir et blanc, avec leurs vignettes et leurs bulles souvent loufoques et décalées, viennent enfoncer le clou. Olivier Lavigne ne recule devant aucun anachronisme, aucun détournement de

slogan publicitaire ou autre. »

Actuellement, entre interventions, expositions et projets dadasophiques, « Olivier Lavigne erre et s’aère dans le domaine des arts visuels tel un ours reniflant l’odeur alléchante et inattendue d’un peu de miel ou de myrtilles au coin d’un bois » (d’après Erika Coulomb, membre du Collège de PataPhysique).

Petites histoires Dadasophiques

Ce projet de livre-dépliant en 4 volumes est un hommage à la pensée Dada. Des Arts Incohérents en passant par le Surréalisme Belge, Fluxus, etc... jusqu'aux Pussy Riot, Petites histoires Dadasophiques est une suite de textes, d'illustrations, de références qui s’enchaînent chronologiquement, à l'image de l'esprit subversif et libertaire qu'est la Dadasophie.

Petites histoires Dadasophiques - Volume 2

Petites histoires Dadasophiques - Volume 3

Provenance des images : Avec l'aimable courtoisie d'Olivier Lavigne

Entretien

Noémie Lucazeau & Calvin Arnoux : Pourriez-vous nous parler en quelques mots essentiels de l’objectif de votre art ? À moins qu'il soit trop complexe de dire que votre travail ou votre œuvre ait un objectif précis, mais plutôt qu'il crée des situations critiques à but de réflexion et d'émancipation ?

Olivier Lavigne : Quand je réalise des expositions, ou que je participe à des expositions, comme lorsque je travaille à des publications telles que les Petites histoires Dadasophiques, mon objectif premier est un objectif un peu ludique : faire sourire, voir rire, avec des sujets qui ne sont pas forcément marrants.

Pour ma part, à travers mon travail, je ne parle pas forcément de critique parce que je trouve que c’est un mot trop chargé et ambivalent. En effet, en ce qui me concerne, c’est plus un point de vue, on va dire singulier par rapport à ce qui m’entoure, que ce soit dans le champ social ou politique, esthétique. Le milieu de l’art est quelques fois quand même d’un sérieux ennuieux alors j’essaie de mettre un peu plus de légèreté, de jeu et d’humour.

Pour illustrer tout ceci, Jules Lévy (écrivain et fondateur des arts incohérents à la fin du XIXe siècle) disait : “Le sérieux abruti, la gaîté régénère. Gémissons devant la bêtise humaine mais gémissons en éclatant de rire.” Vous pouvez le retrouver donc dans le numéro 1 des petites histoires Dadasophiques. Enfin, “éclatant de rire”, moi je dirais “en riant”, mais voilà.

 

N.L & C.A : Plus spécifiquement, une question par rapport au dadaïsme, qui est votre période et mouvement de prédilection dans l'art. Pourriez vous nous dire en quoi le recours à ce dernier ou à ses manières de faire ou de penser (qui a représenté un réel basculement dans le monde de l'art), constitue pour vous un positionnement vif dans l'actualité du monde et du monde de l'art, et pourquoi ? Pouvons nous dire que le recours au Dadaïsme est un engagement, une lutte, une façon de vouloir transformer la vie par l'art ?

 

O.L : L’actualité du monde, et du monde de l’art, n’a pas tellement changé depuis l’époque du dadaïsme, hélas. Pour rappel Dada est né lors de la Première Guerre mondiale et le monde de l’art de l’époque, c’était un milieu bien bourgeois et élitiste. Mais aujourd’hui les guerres sont toujours présentes et le monde de l’art, même s'il y a eu un peu de changement, reste quand même un milieu encore fermé et toujours aussi élitiste. Et je ne vous parlerais même pas de mon point de vue sur la marchandisation de l’art.

Donc le recours au Dadaïsme est en effet une forme d’engagement, une lutte, mais pas armée, pour transformer la vie par l’art et je dirais en plus, l’art par la vie. Comme le disait Robert Filliou, qui était Dadasophe, du moins comme moi je l’imagine, il faisait partie du mouvement fluxus : “L’art, c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art”. À méditer.

 

N.L & C.A : Le dadaïsme est souvent synonyme de chaos et d'absurde. Est-ce que Dadasophique est un manuel pour démêler ce chaos, ou au contraire, préférez-vous qu'on s'y perde ?

 

O.L : Pour ma part je n'emploierais pas les mots chaos et absurde comme synonymes pour le Dadaïsme. Le chaos et l’absurde, c’est un peu le réel de la guerre, alors que Dada à cette époque, je trouve que ça remettait plus de l’ordre, d’une certaine manière, à la vie et à la liberté face justement à ce chaos et l’absurde de la guerre. Surtout la Première Guerre mondiale qui est une guerre absurde mais je ne vais pas m’étaler là-dessus.

Donc petites histoires Dadasophiques, c’est un hommage à la pensée Dada, c’est une suite de noms, de textes, d’illustrations, de références qui s'enchaînent chronologiquement. Donc le premier volume traite de l’avant Dada, avec les arts incohérents, avec Duchamp, avec Jarry, etc.

Le second traite du Dadaïsme avec tous les acteurs Dada. Et le trois, et le futur quatre, c’est l’après Dada on va dire. Par exemple le groupe Fluxus, le punk, mais aussi des artistes contemporains comme Arnaud Labelle-Rojoux ou même un Philippe Katerine qui diffuse une pensée, une attitude, proche du dadaïsme.


 

N.L & C.A : Nous avons choisi pour thème cette année Once upon a time. Nous avons ouvert les vannes des récits, des mythes, de l'histoire, des histoires, de la narration, des utopies, des dystopies, du réel, du symbolique, de l'imaginaire, des anecdotes. Nous nous intéressons à l'art comme déclencheur (mimésique, esthétique, politique), comme début d'une histoire non-finie ou infinie qui continuerait de vivre dans l'esprit et le corps du spectateur, qu'il métaboliserait ensuite à sa manière en fonction de qui il est. Pensez-vous que Dadasophique possède ce rôle déclencheur ? Et pensez-vous que le spectateur puisse s'approprier l'œuvre pour en faire son propre récit ?

O.L : Je ne sais pas si les petites histoires Dadasophiques possèdent ce rôle de déclencheur chez le lecteur ou le spectateur, cependant il s’agit bien d’une histoire non-finie et infinie. Parce que j’essaie de démontrer que cette pensée, cette attitude dadaïste parcours et traverse le temps, de la fin du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui. 

Alors j’invite le lecteur, le spectateur à s'approprier cette philosophie subversive afin d'éprouver peut-être que l’art, c’est la vie.

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Orianne Ciantar Olive

Nina
Roussière

David Brunel, Arles March 2024 - Photograph Inge van der Ven.jpg

David
Brunel

Inge
van der Ven

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William
Kentridge

Jean-Marc
Urquidi

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Sylvain
Couzinet-Jacques

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Olivier
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Once Upon a Time

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