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Orianne Ciantar Olive

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Biographie 

Née en 1981 à Marseille d’une mère maltaise et d’un père franco-suisse, Orianne Ciantar Olive vit une jeunesse marquée par les déménagements et les voyages qui l'emmènent de la Camargue en Guyane, d’Europe aux Amériques.

Diplômée en cinématographie, criminologie et journalisme, Orianne Ciantar Olive est photographe et journaliste à l’international depuis une quinzaine d’années et mène en parallèle un travail plus personnel ancré dans la recherche. Son approche photographique mêle philosophie, poésie, histoire et recherches plastiques. La question du devenir y est centrale, tout comme les recherches et les expérimentations autour du décentrement du regard.

En 2022, elle est lauréate du prix Maison Blanche, de la bourse de soutien à la création documentaire contemporaine du CNAP et du programme de mentorat Les Filles de la Photo qui aboutit à une exposition collective dans le cadre de Photo Saint Germain l’année suivante. Dans le même temps, elle fonde la plateforme Stuck In Here, qui diffuse des photographies et des témoignages en provenance de la jeunesse coincée en situation de guerre.
Elle est également co-directrice artistique de la structure Lose Control qui a pour but de mettre les pouvoirs de l’image au service de l’intérêt général.

 

source: https://www.dunes-editions.com/lesruinescirculaires

Dossier Artistique :

L'HISTOIRE

Les Ruines Circulaires nous emmène dans un Sud-Liban contemporain, surnommé Nabil (l’envers de Liban), où ni le soleil ni la mort ne peuvent se regarder dans les yeux. Mené par la photographe Orianne Ciantar Olive, le projet aborde les questions de violence, d’occupation ou d’exils forcés qui traversent le territoire de manière cyclique depuis des dizaines d’années et comment ces évènements ont un impact aussi bien individuel que collectif. À la fois recherche visuelle et expérimentation du médium photographique, ce corpus constitue, par une approche sensible du désastre à l’œuvre, un témoignage de la complexité universelle de certains territoires à advenir. Nourri des écrits issus de la philosophie, de la littérature et de la poésie – en particulier de l’œuvre d’Etel Adnan, de Jorge Luis Borges et de Mahmoud Darwich – Les Ruines Circulaires est un essai photographique à mi-chemin entre voyage métaphysique et récit documentaire qui s’ancre dans le territoire du Sud-Liban, jusqu’au mur de Kfar Kila. Exemple emblématique et empirique du recommencement perpétuel des évènements, notamment de la violence, des exils forcés et d’un impossible accès à la paix, il devient ici, par un jeu d’inversions, le théâtre annonciateur d’une actualité qui se révèle dans les ombres du réel. Renversement des noms, identités fictives, pellicules retournées, solarisations, sont éprouvés pour laisser apparaitre une autre part de l’histoire. En instaurant un rapport visuel à la question du désastre, en construisant un dialogue entre tensions extérieures et conflits intérieurs, apparaît, en creux, toute la complexité universelle du devenir au sein d’un territoire constamment en proie à des velléités partisanes ou colonialistes.

Les ruines circulaires

Provenance des images : Avec l'aimable courtoisie d'Orianne Ciantar Olive

Réel ou reconstruit

Orianne Ciantar Olive est née en 1981 à Marseille, photographe et journaliste. Son parcours s’est construit à travers ses voyages et ses expériences d’exil. Diplômée en cinématographie, criminologie et journalisme, elle

pratique la photographie depuis une quinzaine d’années, naviguant entre reportage et expérimentation artistique. Son travail explore la mémoire des lieux et des êtres, cherchant à capter ce qui est visible autant que ce qui ne l’est pas.

Les Ruines Circulaires : Un Théâtre d’Ombres

Dans Les Ruines Circulaires, Orianne Ciantar Olive nous plonge dans un Sud-Liban presque méconnaissable, qu’elle appelle “Nabil” — soit le mot Liban renversé. Dans ce travail, lumière et mort se croisent sans jamais se rencontrer. Le titre, inspiré de Jorge Luis Borges, annonce une errance entre réalité et illusion, entre histoire et traces du passé.

Les images semblent hantées, et les paysages portent encore les marques d’un conflit jamais vraiment terminé. Le mur de Kfar Kila, qui sépare le Liban d’Israël, revient souvent dans les compositions, accompagné de jeux d’ombre et de lumière. Grâce à des effets comme les pellicules retournées, les solarisations et les inversions d’image, la frontière entre le réel et l’imaginaire devient floue. Les visages disparaissent, les lieux se dédoublent, et les figures semblent suspendues entre présence et absence.

Ces photographies ne cherchent pas seulement à documenter, elles interrogent notre regard. Elles nous forcent à questionner ce que nous voyons, ce que nous croyons voir.

Le Sud-Liban est un territoire marqué par les guerres et les occupations successives. Depuis des décennies, il traverse des cycles de violence et d’exil, où l’avenir semble toujours incertain. Les Ruines Circulaires ne raconte pas une histoire chronologique, mais évoque cette répétition incessante du passé.

La référence à Jorge Luis Borges apporte une dimension plus profonde : dans sa nouvelle, un homme rêve un autre homme et finit par comprendre qu’il est lui-même un songe. Ici, la photographie joue un rôle similaire : elle ne montre pas seulement la réalité, mais ce qui persiste, ce qui hante les lieux.

L’œuvre d’Orianne Ciantar Olive entre en résonance avec les écrits d’Etel Adnan et de Mahmoud Darwich, où la mémoire et la terre sont indissociables. Comme chez ces poètes, le Sud-Liban devient plus qu’un simple lieu : c’est un espace chargé d’histoires, de blessures enfouies, de récits qui s’affrontent.

Mais Les Ruines Circulaires interroge aussi le rôle de l’image. Comment représenter un territoire en ruines ? Comment témoigner sans figer ? Comment raconter une histoire qui se répète sans tomber dans la simple illustration ? En jouant sur l’inversion, l’effacement et la persistance des formes, Orianne Ciantar Olive crée une œuvre où l’évidence n’existe pas. Il faut apprendre à regarder autrement.

L’exposition de ces images nous pousse ainsi à réfléchir sur notre propre perception : que voyons-nous vraiment ? Que choisissons-nous d’ignorer ? L’invisible devient ici une matière à part entière, non pas comme un vide, mais comme une mémoire latente qui affleure sous les images.

 

En fin de compte, cette œuvre, Les Ruines Circulaires, nous invite à repenser le lien entre image et mémoire. À travers ses expérimentations, Orianne Ciantar Olive ne propose pas une simple représentation du Sud-Liban, mais une immersion dans ses strates temporelles et ses silences. Là où l’on attend souvent la photographie en tant que preuve (l’éternel “ça-a-été” barthésien lorsque ce dernier n’a pas cette extension subjective qu’est le punctum), elle devient ici un espace de doute et de questionnement. Ce que nous voyons est-il réel ou reconstruit ? L’image révèle-t-elle ou dissimule-t-elle ? Espace de flottement, de déséquilibre de l’image, qui ouvre une dialectique — à l’opposé de l’image de reportage qui se veut au plus près de la réalité.

En jouant sur ces paradoxes, Les Ruines Circulaires est un travail qui nous rappelle que toute histoire est un palimpseste au sein duquel le visible et l’invisible se superposent sans cesse. Une réflexion qui dépasse le Liban pour toucher à une question plus large : comment raconter un territoire dont l’avenir semble toujours incertain ?

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Orianne Ciantar Olive

Nina
Roussière

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David
Brunel

Inge
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Jean-Marc
Urquidi

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Sylvain
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Olivier
Lavigne

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